Jeudi 12 juillet 2007
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Voici deux de mes articles publiés dernièrement sur le site de l'UEFA pour lequel je collabore de temps en temps. Vous remarquerez une profusion
d'intertitres et les noms de clubs en entier. Ce sont les règles rédactionnelles du site.
Dirigé par une société japonaise, le Grenoble Foot 38 affiche ses ambitions : nouveau stade, nouvel entraîneur. Objectif : la Ligue 1 et peut-être plus encore.
2004, année zéro
Si la tendance veut que les clubs anglais soient particulièrement la proie des investiseurs étrangers, les formations françaises semblent pour l’instant échapper à cette vague d’acquisition.
L’exception est iséroise puisque depuis près de trois ans, le GF 38 est passé sous direction nippone. En novembre 2004, la société japonaise Index Corporation devient l’actionnaire majoritaire du
club après avoir racheté les parts de la ville de Grenoble. Un nouveau départ pour le club de la capitale des Alpes.
Retrouver l’élite
Dès son arrivée à la présidence, le numéro 3 d’Index Corporation, Kazutoshi Watanabee décide de combler le déficit du club et d’afficher des ambitions plutôt élevées : retrouver rapidement
la Ligue 1 et accéder à l’UEFA Champions League en huit ans. L’échéancier semble prendre un peu de retard malgré un exercice 2006-2007 plus que satisfaisant qui aura vu les Grenoblois décrocher
une 5
e place, le meilleur classement du club depuis 24 ans. Portés par ces promesses, les supporters rêvent d’élite, eux qui en sont privés depuis 1963.
Une ville "pleine d’avenir "
Un investissement étranger dans le GF 38 pourrait à première vue apparaître comme un choix quelque peu surprenant. Le club ne dispose pas d’une popularité dérisoire ni même d’un palmarès étoffé.
Pourtant, aux dires de Kazuyoshi Tanabe, le directeur marketing du club, l’intérêt est autre. "Avant de venir à Grenoble, nous avons
observé neuf championnats européens différents, plusieurs club de Ligue 2 comme Guingamp, Gueugnon, ou encore Le Havre, confie-t-il. Nous avons choisi Grenoble car nous trouvions cette ville
vivante avec des gens ouverts et pleine d'avenir. La qualité du pôle high-tech de Grenoble nous a aussi séduit. Le projet du nouveau stade était aussi déjà lancé ce qui a compté dans notre
décision finale."
Football high tech
Car c’est bien la nouvelle enceinte actuellement en construction qui cristallise toute l’ambition grenobloise. Exit Lesdiguières et ses 12000 spectateurs. Place au Stade d’Agglo, un projet de
haute technologie qui pourra recevoir jusqu’à 28000 personnes dès novembre 2007. Aux normes pour accueillir des rencontres nationales et internationales, il a aussi été conçu pour les matches de
rugby et les évènements culturels. Un projet impressionnant selon Frédéric Thiriez, président de la LFP. "Il est à la pointe des nouvelles technologies et va dans le sens de ce que je souhaite
pour les stades français", confiait-il lors de la présentation du projet à la Ligue par les dirigeants du GF 38, le 13 février dernier.
Index prend les choses en main
Spécialisée dans les contenus pour téléphones portables, la société japonaise Index Corporation entend faire profiter au nouveau stade de sa technologie. Les spectateurs devraient ainsi pouvoir
afficher des messages SMS et des vidéos 3G sur les écrans géants du stade tandis que le billet papier devrait être remplacé par une carte à puce, qui permettra également de réserver des places,
ou de les combiner avec des titres de transports en commun. Un projet qui "donnera à Grenoble dix ans d'avance sur les autres clubs en
France et en Europe" estime Frédéric Thiriez. Contrairement à la nouvelle enceinte de Décines qui accueillera dans trois ans les matches
de l’Olympique Lyonnais, le stade d’Agglo reste une oeuvre publique, propriété de la ville qui le louera au GF38 pour 500 000 euros par saison.
Grenoble file à l’anglaise ?
Esthétiquement, le stade, entièrement fermé et couvert, n’aura rien à envier aux toutes récentes enceintes anglaises. Car c’est bien outre-Manche qu’il faut chercher les modèles de management
suivis par les Japonais du GF 38, à commencer par Manchester United. Toute proportion gardée. "Grenoble n’a vraiment rien à voir avec les
grands clubs européens, indique Kazuyoshi Tanabe. Les populations de Grenoble et Manchester sont aussi importantes mais Manchester United a une très longue histoire. Grenoble n’en a aucune, toute
son identité est à construire. Le GF38 n’a pas d’histoire et la culture japonaise peut devenir le caractère de l’identité du club."
Le kop résiste
Si la volonté d’influer une identité nippone ne suscite ni enthousiasme ni réticence flagrantes, du quartier Paul Mistral à la place Victor Hugo on apprécie en revanche beaucoup moins la manière
de gérer l’aspect sportif du club. Double vainqueur de la Coupe de France avec le RC Strasbourg et le FC Lorient, Yvon Pouliquen, malgré une saison très satisfaisante, n’a pas resisté à la
volonté de changement impulsée par la direction japonaise. En avril dernier, l’annonce de son limogeage, peu avant la rencontre de Ligue 2 face à Strasbourg, entraîne rapidement la colère des
supporters grenoblois, Red Kaos en tête qui n’hésitent alors pas à déployer une banderolle équivoque : " Ici c’est chez nous,
pas chez vous". En japonais dans le texte.
Baždarević nouveau guide

Le technicien
bosniaque Mehmed Baždarević aura désormais la charge d’amener l’effectif grenoblois au sommet de la Ligue 2. Passé dans l’élite avec le FC Istres, l’ancien joueur du FC Sochaux Montbéliard pourra
compter sur un effectif renforcé par les arrivées d’anciens de la Ligue 1 comme Maxence Flachez (Valenciennes FC) ou Milos Dimitrijevic (FC Nantes Atlantique). Il disposera également de jeunes
joueurs imposés par la direction comme
Tsukasa Umesaki et Sho Ito, gages d’une visibilité médiatique du club au Japon. Quid pourtant des investissement
nippons en cas d’échecs sportifs ? Kazuyoshi Tanabe voit loin et se veut rassurant :
"Bien sûr en étant gestionnaire d’une
entreprise on envisage toutes les possibilités. Nous pensons qu’il faut avoir une vision positive de l’avenir. Nous connaissons la spécificité du sport. On ne peut jamais deviner les résultats à
venir. Il nous faut donc être patient, nous sommes là pour plusieurs années.
"
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